Interview : EcoTree, devenir propriétaire d’arbres sur Internet pour un investissement durable

Interview : EcoTree, devenir propriétaire d’arbres sur Internet pour un investissement durable

Interview d'entreprises membres du Lab de la West Team Brest Finistère

Jeudi 16 juillet 2020

– Erwan Le Méné –

EcoTree

Devenir propriétaire d’arbres pour un investissement durable

Erwan Le Mene Ecotree

Erwan Le Méné a fondé la société EcoTree en 2015, employant aujourd’hui 35 salariés répartis dans les bureaux de Brest, Paris et Copenhague

Ingénieur de formation et diplômé d’un master en finance, Erwan Le Méné, 36 ans, a travaillé pendant plus de dix ans dans des établissements bancaires, à l’image du Crédit Mutuel Arkéa. En 2015, cet amoureux de la nature donne une nouvelle impulsion à sa carrière en développement sa propre société, engagée pour l’environnement et le développement durable : EcoTree.

Fraîchement membre du Lab, Erwan nous parle de son projet et partage sa vision de la West Team dans une nouvelle interview exclusive !

« Contrairement à certains cercles d’affaires, on ne vient pas au Lab que pour du business, mais bien pour créer un réseau solide, aux côtés d’entrepreneurs avec lesquels on a envie de travailler et sur lesquels on peut vraiment s’appuyer »

Erwan Le Méné

Parle-nous d’EcoTree ?

« EcoTree permet à des entreprises et à des particuliers d’investir dans la forêt de manière unitaire, en devenant propriétaire d’un arbre. Un investissement qui leur permet par la suite de profiter de l’intégralité des bénéfices de cet arbre, qu’ils soient d’ordre financier (au moment de la récolte) ou environnemental, puisque cet arbre va absorber du CO2 tout au long de sa vie.

La vocation d’EcoTree se résume en deux points : l’amélioration sylvicole et le reboisement. Nous rachetons des forêts en carence de gestion ou en impasse sylvicole, que nous entretenons et au sein desquelles nous replantons des arbres. Toutes nos forêts sont en sylviculture irrégulière, c’est-à-dire que l’on y trouve des arbres de tous les âges avec des essences différentes, mêlant systématiquement des feuillus et des résineux. Tout l’inverse de la monoculture, qui est absolument catastrophique pour la biodiversité ! Dans ce sens, nous faisons intervenir plusieurs associations et écologues pour optimiser la biodiversité au sein de nos espaces forestiers ; c’est un vrai sujet chez nous, qui nous passionne. Nos forêts se situent principalement en Bretagne, dans le Limousin, en Mayenne et en Bourgogne, avec quelques petits bois en île de France. En 2020, EcoTree fédère 35 salariés. Six d’entre eux sont basés à Copenhague (Danemark), où nous avons ouvert un bureau en 2019, cinq autres travaillent à Brest et le reste de l’équipe opère depuis Paris.

La démarche EcoTree n’encourage en aucun cas le greenwashing* mais défend le développement durable intelligent, en invitant nos clients à associer l’achat d’un arbre à un événement particulier (ouverture d’un nouveau contrat, accompagnement d’un nouveau client, construction de bureaux, naissance, départ à la retraite…etc.). Il existe de nombreuses raisons d’investir dans un arbre ou une forêt et nous y voyons également un formidable levier en termes de storytelling pour nos investisseurs professionnels vis-à-vis de leurs clients ou partenaires.

Sur le plan financier, les professionnels ont aujourd’hui besoin de souplesse. Prenons l’exemple d’une entreprise de transports. Hier, elle n’avait pas d’autres choix que d’acheter de la tonne carbone sur Internet pour compenser ses émissions de CO2. Elle dépensait donc chaque année une certaine somme qui impactait directement son compte de résultat au poste de charge. EcoTree aborde cette problématique différemment, en invitant les entreprises à investir cette somme dans l’achat d’arbres sur nos forêts. Cet investissement est au bilan de l’entreprise en tant qu’actif, au même titre qu’un bien immobilier. Et cerise sur le gâteau : cet actif prend de la valeur dans le temps en produisant un certificat carbone chaque année, authentifié par Bureau Veritas ! Avec EcoTree, l’entreprise joue le jeu du reboisement et en tire un bénéfice pendant près de 30 ans. »

Quelles sont les raisons qui t’ont amené à te lancer dans un tel projet ?

« Très attaché au bien-être de notre environnement, j’ai dressé plusieurs constats, qui ont donné naissance à EcoTree. Et pourtant, au départ, je n’avais pas forcément pensé à la forêt… Ma première idée est partie du principe que le développement durable était incontestablement le principal enjeu du XXIe siècle. Il suffit d’imaginer que les Chinois ou les Indiens se mettent à consommer comme les Américains pour se figurer l’ampleur du désastre écologique qui pourrait en découler. C’est assez simple de faire les calculs Mon deuxième constat a été le suivant : nous sommes la première génération à vivre au quotidien les conséquences du réchauffement climatique, et nous pourrions bien être la dernière… Il y a une forme d’urgence à agir rapidement. Enfin il y a un dernier point qui tient davantage à ma formation et à ma conception de l’économie : je n’arrive pas à comprendre pourquoi le coût écologique d’un bien ou d’un service n’est pas présent dans son coût global. Il me semble complètement anormal aujourd’hui de se faire livrer une brosse à dent en douze heures par Amazon, à un prix dérisoire. A la vue des moyens humains et matériels mis en œuvre pour mener cette livraison dans un temps record, le prix de cette brosse à dents devrait être ré-évalué à 20 euros, incluant le coût de son impact écologique ! Nous vivons dans un monde où l’on est préoccupé par l’environnement mais, de manière paradoxale, lorsqu’il s’agit de consommation, on veut tout, tout de suite, et l’on est incapable d’attendre, de mutualiser, de massifier. Face à tous ces constats, je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire pour résoudre cette problématique environnementale et cette question de transition énergétique et écologique. En France, la réponse est assez simple : on met des impôts. Depuis dix ans il y a le bonus / malus sur les voitures, la taxe carbone, les taxes sur le transport aérien, les taxes sur le recyclage des biens de grande consommation… Globalement il y a des taxes partout ! Je me suis dit que ce n’était pas possible de résoudre ce problème si important de cette manière. Selon moi, on fait les choses à l’envers !

Je me suis beaucoup inspiré des pays scandinaves, qui ont clairement vingt ans d’avance sur nous ! Plutôt que de punir les mauvais comportements, ils valorisent les bonnes pratiques. Et cela s’applique dans de nombreux domaines ! Par exemple, une entreprise qui a un taux d’absentéisme faible paiera moins d’impôts qu’une entreprise dont le même taux est plus élevé. Ce qui pousse les entreprises à bien s’occuper de leurs salariés. Pourquoi y a-t-il autant de vélos au Danemark, alors qu’il y pleut plus qu’à Brest ? Tout simplement parce que l’indemnité kilométrique est remboursée au même tarif que la voiture ! Autre exemple : on ne trouve aucune bouteille par terre parce que ces dernières sont consignées, qu’elles soient en verre ou en plastique. Je me suis dit qu’il fallait recréer cette dynamique en France, en valorisant ceux qui font bien. C’est-à-dire en faisant comme j’aime le penser du développement durable non punitif. C’est comme ça qu’est née EcoTree. »

Un mot sur l’actualité d’EcoTree ?

« Nous avons récemment obtenu la certification pour l’attestation de CO2 sur nos forêts par Bureau Veritas, ce dont nous sommes très fiers. Pour nos clients professionnels, cela représente un véritable actif supplémentaire. Par ailleurs, nous bénéficions d’une activité post-covid particulièrement bien perçue. EcoTree s’inscrit dans le bon sens de l’histoire, en répondant de manière très concrète aux enjeux environnementaux actuels. Au sortir de la crise, les entreprises veulent reprendre leur activité sous un angle différent, en plaçant l’écologie et le développement durable au cœur de leurs préoccupations. C’est une manière pour elles de repartir d’un meilleur pied.

Enfin, nous sommes toujours très actifs dans le cadre du développement de nos forêts. Nous avons récemment planté des forêts miyawaki, c’est-à-dire des forêts avec des essences premières d’arbres, aux origines millénaires. Nous avons installé près de 300 ruches dans toutes nos forêts pour favoriser la pollinisation et redonner vie aux abeilles, nous réalisons nos travaux en zéro pesticide, tout est bio et nous n’utilisons aucun engrais. Nous retravaillons également des zones humides qui préservent la biodiversité, nous réalisons des plantations de haies mellifères ou encore, plus récemment, des lâchés de chauve-souris dans nos espaces forestiers ! Autant de sujets passionnants qui nous animent chaque jour et autour desquels nous développons de vrais programmes pour que les forêts que nous reprenons soient des bassins présentant la meilleure biodiversité possible. »

Comment s’est déroulée ta première rencontre avec la West Team ? 

« Comme beaucoup d’autres membres j’imagine, ma première rencontre avec la West Team s’est déroulée par l’intermédiaire d’Ewan. Nous nous connaissons tous les deux depuis un bout de temps. Voyant qu’EcoTree se développait et suite à notre récente installation sur Brest, il m’a parlé de la West Team, des gens qui la composent et m’a proposé d’intégrer le Lab l’année dernière. »

Qu’est-ce qui t’a poussé à rejoindre le Lab, le club d’entreprises de la West Team ?

« Pour être tout à fait honnête, je dois bien avouer que le Lab réunit plein de gens très sympas ! On passe toujours un très très bon moment lors des événements West Team. En tant qu’entrepreneurs, nous avons besoin de nous retrouver pour échanger, rencontrer… Nous partageons tous ce même sens du business et du risque et vivons tous des montagnes russes qui sont importantes d’un point de vue émotionnel. Je pense que le ciment qui me lie à la West Team, c’est de voir d’autres entrepreneurs qui ont pris des risques comme moi, qui vivent les mêmes angoisses que moi quand c’est dur et les mêmes euphories quand tout va bien. Les membres du Lab partagent des aspirations communes pour le domaine maritime, pour la voile, notre région et pour l’environnement de manière générale, dans lesquelles je me reconnais complètement. Je suis fasciné par les grands espaces, la mer, l’odeur de l’iode, le vent… En tant que breton, c’est ancré dans mes veines !  Je suis très heureux de pouvoir vivre cette passion avec d’autres personnes qui partagent cette même sensibilité. »

En quoi les valeurs de la West Team et d’EcoTree se rejoignent-elles ?

« Je mettrais en avant deux valeurs fortes : la bienveillance et l’exigence. Pour moi, les deux vont de pair. Chez EcoTree, nous sommes toujours bienveillants les uns envers les autres. Nous nous entendons tous merveilleusement bien. On sait à quel point c’est important d’être là et disponible dans certains moments de la vie, quand on attend un enfant, quand on ne va pas bien, quand on a un parent malade ou un grand-parent qui décède… Je retrouve cette bienveillance au sein de la West Team. Entre membres, nous serons naturellement enclins à lier des liens d’amitié et à avoir envie de travailler ensemble.  Ce qui n’exclut en rien une forme d’exigence réciproque ! Quand on se sert la main, on s’engage, et on le fait bien. Quand je conclus un partenariat avec l’un des membres de la West Team, j’ai une confiance totale dans la qualité du travail qui va m’être livré. »

« Il ne serait pas délirant de voir la West Team accompagner un jour un bateau sur la Route du Rhum, et pourquoi pas sur un Vendée Globe ! »

Erwan Le Méné

En quoi le Lab se distingue-t-il des autres réseaux d’affaires ?

« Je fais partie d’autres clubs d’entreprises où je sens bien que les relations ne sont pas complètement sincères. Contrairement à ces cercles d’affaires, on ne vient pas au Lab que pour du business, mais bien pour créer un réseau solide, aux côtés d’entrepreneurs avec lesquels on a envie de travailler et sur lesquels on peut vraiment s’appuyer. Pour moi le Lab, c’est plus un réseau de fond. »

La West Team en trois mots ?

« Passion, risque et plénitude »

Le Lab en trois mots ?

« Valeurs, pérenne, aspiration »

Comment imagines-tu la West Team de demain ? 

« S’il n’y a pas de limites, j’imagine un réseau qui s’étendrait à l’échelle nationale ! Les membres partageraient des valeurs et aspirations communes, avec cette même volonté de fréquenter des personnes en lesquelles ils ont confiance et avec lesquelles ils ont plaisir à échanger. Je verrais bien un bâtiment étendard de la West Team à Brest et pourquoi pas une annexe à Paris. Ce lieu deviendrait une forme de repère pour tous les entrepreneurs du Lab qui partagent le même ADN et les mêmes atomes crochus en lien avec la mer. Riche de ce réseau national, il ne serait pas délirant de voir la West Team accompagner un jour un bateau sur la Route du Rhum, et pourquoi pas sur un Vendée Globe ! »

*Grennwashing : Le greenwashing, aussi nommé écoblanchiment ou verdissage, est un procédé de marketing ou de relations publiques utilisé par une organisation dans le but de se donner une image de responsabilité écologique trompeuse.

Retrouvez-les en ligne :

EcoTree, vente d’arbres sur Internet pour un investissement durable 

CRÉDITS PHOTOS

Header : © Maxime Poriel – Photo portrait Erwan Le Méné : © Droits réservés – © Freepik

Interview : Groupe Cofibel, holding familiale spécialisée dans le négoce (Brest)

Interview : Groupe Cofibel, holding familiale spécialisée dans le négoce (Brest)

Interview d'entreprises membres du Lab de la West Team Brest Finistère

Jeudi 9 juillet 2020

– Antoine et François Bellion –

Groupe Cofibel

Holding familiale spécialisée dans le négoce (Brest)

Gwen Fichou Autodistribution Brest

Antoine et François Bellion partagent avec leur oncle Frank la gestion du Groupe Cofibel, holding familiale brestoise spécialisée dans les activités de négoce depuis plus d’un siècle.

Antoine et François Bellion représentent la cinquième génération de dirigeants à la tête du Groupe Cofibel. A l’issue de ses études de commerce, Antoine a travaillé au sein de chacune des filiales du groupe familial, avant d’épauler Frank à la direction de la holding en 2015. D’abord ponctuée d’expériences à l’international, la carrière de François s’est recentrée sur Brest en 2010, avec un premier poste de commercial chez Belmar puis une intégration chez Belmet, dont il occupe la direction générale depuis 2015.

Le temps d’une interview, les deux frères nous parlent de leur engagement au sein de la West Team et de leur vision du Lab. Rencontre avec un duo de navigateurs engagés pour leur territoire.

« Nous n’avons pas rejoint le Lab par opportunisme : nous souhaitons réellement faire partie de l’aventure pour construire l’avenir de la voile à Brest, en ayant un impact collectif sur le long terme »

François Bellion

Parlez-nous du Groupe Cofibel ?

Antoine : « Le Groupe Cofibel est un groupe familial dirigé par la famille Bellion depuis 1902. Les générations se succèdent à la tête du groupe depuis près de 120 ans, avec la particularité de toujours réunir deux frères aux postes de dirigeants. Aujourd’hui, François et moi incarnons la 5e génération, aux côtés de notre oncle Frank Bellion, digne représentant de la 4e génération en charge d’assurer le passage du flambeau. Cofibel est une holding qui possède aujourd’hui cinq sociétés filiales exerçant une activité de négoce, en BtoB ou BtoC : Belmet, Belmar, BelQuest, NaviOuest et Bellion Immobilier. La société Belmet tout d’abord, est spécialisée dans la vente de produits sidérurgiques et de fournitures industrielles en Bretagne. Belmar est une seconde filiale que l’on pourrait qualifier de centrale d’achat proposant ses services à des clients situés partout dans le monde, dans des secteurs tels que l’énergie, l’aéronautique, l’aérospatial, le portuaire, le forestier, les mines et carrières et de bien d’autres domaines encore… La force de Belmar réside dans sa capacité à livrer à peu près tout ce qui se fabrique dans le monde, aux quatre coins de la planète. C’est avant tout une société de service, qui dispose de sa propre filiale aux États-Unis, à Houston (Texas) nommée BelQuest. Cette dernière exerce le même métier que Belmar, avec une activité plus ancrée dans le secteur pétrolier (offshore). Avec deux magasins implantés à Brest et Lorient, NaviOuest est notre troisième société filiale, dédiée à la vente de bateaux de plaisance et de produits d’accastillage à destination d’une clientèle de particuliers. Bellion Immobilier, notre dernière filiale, se spécialise dans la gestion patrimoniale, louant une part importante de surfaces de bureaux, issues des activités d’achat et de revente du groupe au cours du siècle dernier. Le Groupe Cofibel bénéficie aujourd’hui d’un rayonnement international grâce à ses filiales Belmar et BelQuest et réunit près de 150 collaborateurs. »

Un mot sur l’actualité du groupe ?

François : « Nous sommes aujourd’hui capables de mener des projets d’envergure grâce à un groupe qui fonctionne bien et des équipes engagées à nos côtés. Le Groupe Cofibel profite d’une croissance continue, permettant de consolider nos acquis et d’envisager des axes de développement de manière pérenne. Au sein de nos différentes filiales, l’objectif vise à maîtriser l’ensemble de nos métiers pour ensuite les déployer vers d’autres segments clients ou des secteurs géographiques plus étendus. »

Antoine : « Nous menons en parallèle un chantier important sur la zone de Kerscao, au Relecq Kerhuon. Point d’ancrage de la Société Bellion à partir de 1975, cet espace héberge aujourd’hui des bâtiments qui ne répondent plus vraiment aux tendances immobilières actuelles. Aussi, dans le but de rendre cette zone plus attractive aux yeux de nouveaux locataires professionnels, nous avons décidé de détruire une partie des bâtiments et de les transformer en zones de parking, avec plus d’espaces verts et de lieux de vie extérieure pour les salariés. Nous espérons ainsi insuffler un dynamisme nouveau au cœur de cette zone. »

François : « J’aimerais également dire un mot sur la refonte récente de la charte graphique du Groupe Cofibel et de ses filiales, menée en collaboration avec l’agence Hippocampe (Brest). Nous étions désireux de repenser notre identité visuelle afin d’apporter une cohérence dans la construction des logos de la holding et de ses filiales. Cette initiative « graphique » est tout à fait inédite dans l’histoire du groupe. Aujourd’hui, nous nous appuyons énormément sur cette nouvelle identité dans le cadre de notre politique RH et du développement de notre marque employeur. La mise à jour de notre charte graphique nous a permis de renforcer l’identité du groupe et nous ressentons déjà l’impact que cela peut avoir sur notre communication interne comme externe. »

Comment s’est déroulée votre première rencontre avec la West Team ?

François : « Cela s’est déroulé au Nautilus, dans le cadre d’un déjeuner avec Ewan (Lebourdais), que j’avais déjà rencontré à titre personnel et professionnel par le passé. »

Antoine : « En échangeant, nous nous sommes rapidement rendu compte que nous partagions une passion commune pour le nautisme et la mer de manière générale. Son projet de promouvoir les sports nautiques brestois en y associant un club d‘affaires nous a semblé une démarche intéressante et atypique. C’était également l’occasion pour nous de répondre aux différentes sollicitations de sponsoring et de partenariats reçues par l’intermédiaire de notre filiale NaviOuest, à travers un projet structuré et fédérateur. »

François : « Cette rencontre est intervenue aux prémices de la West Team. La Base de Vitesse venait d’être relancée et Ewan prenait déjà toute la mesure du potentiel de la rade de Brest, et du peu de place accordée au nautisme sur notre territoire. Antoine et moi partagions ce constat. A titre d’exemple, nous observons sans difficultés la portée de la voile de compétition dans une ville telle que Lorient, qui a su tirer son épingle du jeu. Forcément, cela amène un peu de frustration lorsqu’on voit que Brest n’a pas su saisir les bonnes opportunités. La West Team en est une. Elle nous offre une chance, un nouvel élan pour structurer un projet autour du nautisme et de la mer à Brest. Cette ambition se concrétise au fil des mois et des années et le rapprochement de la West Team avec BBN (Brest Bretagne Nautisme) est un pas en avant supplémentaire. »

En quoi les valeurs de la West Team et du groupe Cofibel se rejoignent-elles ?

Antoine : « La West Team et Cofibel sont deux acteurs qui s’engagent pour valoriser et promouvoir leur territoire. Nous avançons avec cette même volonté de mettre en lumière notre ville, en montrant qu’il se passe des choses à Brest et que nous nous inscrivons au cœur d’un territoire dynamique. »

François : « L’accompagnement de la nouvelle génération, à travers le financement de projets nautiques locaux nous touche beaucoup. Cette implication pensée sur le long terme rejoint l’une des valeurs fortes de notre groupe, qui s’engage auprès de ses collaborateurs pour construire des projets pérennes et impliquer chacun de ses salariés sur des échéances un peu plus lointaines. Nous n’avons pas rejoint le Lab par opportunisme : nous souhaitons réellement faire partie de l’aventure pour construire l’avenir de la voile à Brest, en ayant un impact collectif sur le long terme. »

En quoi le Lab se distingue-t-il des autres réseaux d’affaires ? 

François : « La finalité du Lab est différente de celle des autres réseaux, dans le sens où toutes les entreprises qui le rejoignent participent à son développement. C’est synergique. A titre d’exemple, quand tu viens au Stade Brestois, ta participation financière bénéficie exclusivement au stade. Dans le cadre du Lab, c’est différent. Notre investissement va être employé pour développer une multitude de projets, avec notamment l’accompagnement des jeunes sportifs de notre territoire. Dès le début, notre engagement au sein du Lab était clair : nous n’étions pas là pour développer notre business. Nous adorons le côté convivial du Lab et les rencontres avec les autres membres, qui sont comme nous des passionnés ! Les événements organisées par le club nous permettent de nous tenir informés de toutes les actions mises en place par la West Team et par les autres acteurs du réseau. Certains d’entre nous sont tous les jours sur l’eau dans le cadre de leur activité professionnelle. Nous nous tenons ainsi régulièrement à jour des dernières actus nautiques ! »

Antoine : « Le Lab est un club très jeune, qui fait le pari de faire bouger les lignes à Brest grâce à un porteur de projet passionné (Ewan Lebourdais), apte à fédérer des dirigeants d’entreprises désireux de se réunir et de se rencontrer pour porter des projets à l’échelle du groupe, et non pas de manière indépendante. Chacun de nous apporte sa pierre à l’édifice. D’ailleurs, en passant, l’appellation de « club d’affaires » ne colle pas pour le Lab selon moi. « Club de passionnés », ce serait déjà bien plus proche de la réalité ! Lors des événements auxquels nous avons pu participer, jamais personne ne s’est rapproché de nous pour parler affaires et business. »

« Dans 15 ans, certains jeunes accompagnés par le Lab seront peut-être devenus de grands champions et seront fiers d’annoncer que leur premier sponsor, et bien c’était la West Team ! »

Antoine Bellion

Au sein de la West Team, y a-t-il un projet qui vous tienne plus à cœur que les autres ? 

François : « Aider les jeunes, soutenir notre équipe de régatiers brestois sur le Tour Voile… L’engagement de la West Team aux côtés de la nouvelle génération de marins nous parle tout particulièrement. J’ai beaucoup aimé rencontrer et échanger avec les sportifs sélectionnés et accompagnés par le Lab sur la saison 2019-2020. Je trouve cela très valorisant. Et pour les jeunes, c’est une sacrée expérience ! Lors des sélections, ils doivent défendre leur projet pour sortir du lot. Cela doit être à la fois impressionnant et très formateur pour eux de se retrouver face à des chefs d’entreprises brestois pour leur parler de leurs ambitions sportives et espérer décrocher un financement ! »

Antoine : « Dans 15 ans, certains d’entre eux seront peut-être devenus de grands champions et seront fiers d’annoncer que leur premier sponsor, et bien c’était la West Team, et qu’ils étaient soutenus par les entreprises de leur territoire. J’ajouterai que le fait de pouvoir s’appuyer sur les supports physiques que sont les bateaux est un excellent levier de communication en interne. »

La West Team en trois mots ?

François : « Novatrice, structurante et fédératrice »

Antoine : « Incubateur, territoire et compétition »

Le Lab en trois mots ?

Antoine : « Convivialité, rencontres, passion »

François : « Diversité, engagement, envie »

Comment imagines-tu la West Team de demain ?

François : « J’imagine un modèle « duplicable », c’est-à-dire que l’on pourrait imaginer déployer le concept de la West Team sur toute la façade Atlantique par exemple. Chaque grande ville disposerait de son propre réseau d’affaires, donnant lieu à des rencontres pluri-territoriales, à des séminaires thématiques… Nous pourrions également, d’un point de vue sportif, découvrir d’autres plans d’eau et donc, dans cette même optique, dévoiler aux autres villes côtières tout le potentiel de la rade de Brest. D’ici une petite dizaine d’années, j’imagine sans mal le développement d’une mutlitude de modules West Team le long des côtes françaises ; ce serait une belle réussite ! »

Antoine : « De mon côté, je vois vraiment la West Team se positionner comme l’interlocuteur évident et reconnu par Brest Métropole pour faire le lien avec la mer, dans le domaine de la compétition en voile légère, mais pas uniquement. Notre organisme interviendrait ainsi en tant que facilitateur auprès de la ville, en l’accompagnant et la conseillant sur les projets à développer autour de la mer au sens large. Avec nos partenaires actuels, nous avons déjà acquis une vraie crédibilité en démontrant notre capacité à déceler les graines de champions et les petites pépites issues du monde du nautisme ! En parallèle, la West Team, comme c’est aujourd’hui le cas avec BBN, pourrait s’accouder au Pôle France et être le tremplin reconnu par tous les jeunes qui veulent goûter à la compétition, en dehors de la filière olympique ! Le programme est tout trouvé (rires) !»

Retrouvez-les en ligne :

Belmet, vente de produits sidérurgiques et de fournitures industrielles

Belmar, société d’import-export à l’international

BelQuest, société d’import-export à l’international 

NaviOuest, vente de bateaux et de produits d’accastillage

Bellion Immobilier, location de surfaces de bureaux pour les professionnels

CRÉDITS PHOTOS

Header : © Maxime Poriel – Photo portrait Antoine et François Bellion : © Agence Hippocampe – © Freepik

Interview : Clic Systèmes, solution logiciel et création informatique à Brest

Interview : Clic Systèmes, solution logiciel et création informatique à Brest

Interview d'entreprises membres du Lab de la West Team Brest Finistère

Jeudi 2 juillet 2020

– Philippe Bizot –

Clic Systèmes

 Solution logiciel et création informatique à Brest, Finistère

Gwen Fichou Autodistribution Brest

Philippe Bizot a créé Clic Systèmes en 2010. Sa société est spécialisée dans l’informatique et développe notamment des outils de reporting sur-mesure.

Avant de se lancer dans l’entreprenariat, Philippe Bizot a travaillé pendant près de 15 ans dans la Marine Nationale, en occupant un poste informatique sur les sous-marins nucléaires. A la retraite de la Marine, il fonde en 2010 la société Clic Systèmes, spécialisée dans le développement de produits informatiques sur-mesure (outils de reporting, sites Internet…)

Passionné par la voile et les sensations de la glisse, Philippe a placé ses compétences techniques au service de la West Team en développant le nouveau site Internet de la Base de Vitesse. Un travail de longue haleine, qu’il n’a de cesse d’enrichir et de perfectionner. Rencontre.

« Au sein du Lab, nous ne sommes pas là pour faire du business mais avant tout pour parler de voile »

Philippe Bizot

Parle-nous de ta société Clic Systèmes ?

« J’ai créé Clic Systèmes en 2010. Le savoir-faire de notre société repose sur l’exploitation des informations des bases de données des entreprises et leur mise en forme via des sites intranet/internet. La seule limite à la création de ces outils d’aides à la décision étant l’imagination du client. Nous avons démarré avec la société Europcar Bretagne en créant un premier produit dédié à la location de voitures. Nous avons ensuite mené d’autres projets, auprès d’une société exploitant des golfs par exemple, pour laquelle nous avons conçu un logiciel permettant d’optimiser la gestion globale du site, d’effectuer des réservations en ligne, de récolter des statistiques diverses… Pour un autre client évoluant dans le milieu des transports et de la logistique, nous avons créé un outil lui permettant d’optimiser ses tournées, de prévenir ses clients automatiquement, de gérer électroniquement ses documents ou encore d’analyser ses données.. Nous avons aussi un client dans le BTP, pour lequel nous avons créé un logiciel Web favorisant la bonne gestion de son activité (planning des interventions des différents corps de métiers, gestion des projets, gestion des clients, etc..). Au-delà de la Bretagne, l’activité de Clic Systèmes se développe à l’échelle nationale, notamment grâce au réseau Europcar (sud-est et sud-ouest de la France). Néanmoins, notre ambition première vise à rayonner au niveau local, à l’échelle du Finistère.

Clic Systèmes est une petite entité, comptant seulement deux collaborateurs : Guillaume et moi-même. Nos compétences complémentaires nous permettent de développer des produits « sur-mesure » pour nos clients. S’ils sont souvent créés pour des demandes très spécifiques, nos logiciels peuvent être étendus à d’autres domaines et trouver une seconde vie avec une utilisation plus globale. Ils sont en constante évolution en fonction des besoins des clients. Nous proposons également la création de sites Internet vitrines.

Globalement, l’activité de Clic Systèmes est encore peu connue et nous avons un travail important à fournir afin de communiquer sur toute la palette de solutions personnalisées que nous sommes capables de développer. »

Un mot sur l’actualité de ton entreprise ?

« En ce moment nous sommes très sollicités par la société Europcar, qui change d’ERP. Nous devons ainsi mettre à jour notre outil de reporting pour pouvoir le coupler au nouveau système de gestion de la relation clients. Nous profitons de cette refonte pour apporter des améliorations à notre logiciel, avec l’ajout de nouvelles fonctionnalités et l’intégration d’un design plus moderne.

Par ailleurs, nous poursuivons le développement du site Internet de la Base de Vitesse. La mise à jour de ce site nous a été commandée par la West Team fin 2019. Pour Clic Systèmes, cette réalisation intégrant des outils de calculs complexes et inédits relevait d’un défi technique important. Autre difficulté : nous partions d’une page blanche, avec le nécessité de reprendre à zéro tout le système de gestion et d’automatisation des calculs.  Nous nous sommes retroussés les manches afin de sortir le site dans des temps records ! En deux mois et demi, la nouvelle interface était en ligne, sachant qu’il faut compter environ six mois pour mettre au point un projet de cette envergure ! Pour nous, cette mission s’est révélée être une super expérience. Nous avons pu appréhender une autre facette de notre métier, en découvrant des interactions nouvelles avec le logiciel et des techniques que nous ne connaissions pas. Le site est en ligne depuis début mars et nous ne cessons de l’améliorer depuis sa publication. Je suis actuellement en relation avec un professeur d’une école d’ingénieurs de Brest dans le but d’améliorer les calculs du système et trouver de nouvelles pistes de développement. J’aime beaucoup l’idée d’associer plusieurs compétences autour d’un même projet. Le partage des connaissances et des idées est très bénéfique pour améliorer le produit et faire émerger des solutions novatrices. Plus on a de cerveaux, mieux c’est ! »

Comment s’est déroulée ta première rencontre avec la West Team ?

« J’ai connu la West team par l’intermédiaire de Thierry (Perrot), qui cherchait quelqu’un pour développer le nouveau site Internet de la Base de Vitesse. J’ai ensuite rencontré Ewan (Lebourdais) qui m’a présenté le projet plus en détails. L’idée d’associer mes compétences techniques à un projet tourné vers la mer et la voile m’a plu tout de suite. J’y voyais également une belle opportunité de faire connaître Clic Systèmes à l’échelle locale. »

Qu’est-ce qui t’a poussé à rejoindre le Lab, le club d’entreprises de la West Team ? 

« C’est vraiment le côté fédérateur, voire communautaire, de la West Team qui m’a convaincu de rejoindre l’aventure. J’aime l’idée de pouvoir échanger, partager et créer des synergies avec d’autres acteurs du territoire, à l’échelle locale. Le Lab nous permet de découvrir et de rencontrer d’autres personnes, appartenant à des domaines d’activité parfois très éloignés du nôtre. Et pourtant, chacun peut apporter sa pierre à l’édifice, en partageant sa vision, ses expériences et ses bonnes pratiques. Nous ne sommes pas là pour faire du business mais avant tout pour parler de voile. Bien sûr, ces rencontres peuvent donner lieu à des collaborations inter-professionnelles, mais ce n’est pas le but premier. L’ADN de la West Team collait bien avec ce que je recherchais et j’ai accepté de m’impliquer au sein du projet en développant le nouveau site Internet de la Base de Vitesse. »

En quoi le Lab se distingue-t-il des autres réseaux d’affaires ?

« La plupart des groupements d’entreprises que je connais sont portés par une volonté « business » clairement affichée, sans ligne directrice, points communs ou ambition collective en dehors du cercle des affaires. C’est tout l’inverse avec le Lab, qui nous permet par exemple de nous impliquer auprès des jeunes brestois pratiquant les sports nautiques. C’est super important. Il s’agit d’une manière très concrète de porter les ambitions de notre réseau et de promouvoir notre territoire à travers le prisme de la voile sportive. Pour le moment, le Lab est encore un petit réseau d’affaires. Il nous appartient de trouver le bon équilibre pour augmenter nos effectifs sans pour autant perdre l’âme de notre club en la diluant dans un réseau trop important. »

« Dans quelques années, la West Team pourrait prendre la forme d’un label, attestant d’un savoir-faire et d’une ambition partagés par de nombreux acteurs locaux »

Philippe Bizot

Au sein de la West Team, y a-t-il un projet qui te tienne plus à cœur que les autres ? 

« Il y en a deux en fait ! La Base de Vitesse tout d’abord, à travers le développement de son nouveau site Internet. Clic Systèmes est engagé dans ce projet depuis un petit moment et j’ai beaucoup de plaisir à suivre l’évolution de cette nouvelle interface. C’est dans ma nature ; lorsque je crée un outil, j’aime l’exploiter à fond et toujours chercher à le perfectionner. J’ai plein d’idées pour cela ! Lier l’informatique, la technologie et la mer, c’est juste génial !

En parallèle, le Lab m’apporte beaucoup d’un point de vue professionnel. Ce réseau m’offre l’opportunité d’échanger avec les autres membres au sujet de leurs activités, leurs méthodes de travail, leur vision de l’avenir… Ce club d’affaires tourné vers la mer m’ouvre les yeux sur d’autres pratiques et expériences. C’est très enrichissant. »

La West Team en trois mots ?

« Transmission, solidarité, voile. »

Le Lab en trois mots ?

« Échange, convivialité et business »

Comment imagines-tu la West Team de demain ?

« Vaste sujet ! Cela fait à peine un an que j’ai rejoint le projet mais je perçois déjà une belle piste d’avenir pour la West Team. J’imagine notre organisation comme un futur acteur incontournable à Brest et dans le Finistère. La West Team pourrait prendre la forme d’un label, attestant d’un savoir-faire et d’une ambition partagés par de nombreux acteurs locaux. Pour les jeunes régatiers du territoire, rejoindre le projet serait l’assurance de s’inscrire à une véritable école de la vie et de la voile, leur permettant de concrétiser leurs projets sportifs et d’aller au bout de leurs rêves. »

Retrouvez-les en ligne :

Clic Systèmes, solution logiciel et création informatique à Brest

CRÉDITS PHOTOS

Header : © Maxime Poriel – Photo portrait Philippe Bizot : © Droits réservés – © Freepik

Interview : Autodistribution Fichou, vente de pièces automobiles et d’équipements de garage

Interview : Autodistribution Fichou, vente de pièces automobiles et d’équipements de garage

Interview d'entreprises membres du Lab de la West Team Brest Finistère

Jeudi 25 juin 2020

– Gwen Fichou –

Autodistribution Fichou

Vente de pièces automobiles et d’équipements de garage  à Brest, Finistère

Gwen Fichou Autodistribution Brest

Gwen Fichou a repris la société de son mari en 2014. Elle dirige aujourd’hui une équipe de 140 collaborateurs répartis sur cinq sites dans le Finistère.

Gwen Fichou est à la tête d’Autodistribution Fichou depuis 2014. Suite au décès de son mari, elle a repris les rênes de l’entreprise et encadre aujourd’hui près de 140 collaborateurs répartis sur cinq sites dans le Finistère. Très connectée à la voile et à la mer, elle suit de près le parcours des jeunes graines de champions encadrées par la West Team.

Rencontre avec une véritable passionnée, qui a su se réinventer et accompagner le changement au sein d’une entreprise dont elle avait encore tout à découvrir il y a quelques années.

« Au sein du Lab, nous sommes tous des entrepreneurs qui adorons la voile et qui avançons avec cette même volonté de donner leur chance à de jeunes coureurs »

Gwen Fichou

Parle-nous de ton histoire et de ton parcours ?

« Mon parcours est assez atypique. Je me suis mariée et j’ai eu trois enfants, dont je me suis occupée en étant femme au foyer. Et puis, au décès de mon mari, tout a basculé. J’avais 40 ans, et du jour au lendemain, j’ai dû reprendre les rênes de son entreprise, Autodistribution Fichou. Seule, j’ai dû concilier l’éducation de mes enfants et la gestion d’une société que je ne connaissais pas. Je n’avais qu’un simple DUT de Gestion en poche et ignorais tout du domaine de l’automobile et du métier de chef d’entreprise. Je n’avais jamais été formée pour occuper de telles responsabilités ! Tout est allé très vite ; deux jours après la disparition de Pierre, je me suis rendue dans l’entreprise pour me présenter aux équipes. Et là, j’ai pensé au fond de moi : « C’est un sketch… Où sont les caméras ? ». Je me serais crue dans le film « De l’autre côté du lit », à la place de Sophie Marceau qui se retrouve du jour au lendemain à la tête de l’entreprise de son mari, interprété par Dany Boon !  A ce moment-là je me suis sentie très seule, face à une charge de travail colossale. Alors j’ai avancé étape après étape, objectif après objectif, en prenant énormément de recul de manière à démystifier la situation. J’ai appris qu’il ne fallait pas être trop gourmande et vouloir tout faire d’un coup. Mon expérience de sportive de haut niveau (planche à voile) m’a permis de mieux vivre la situation, en appréhendant mon parcours au sein de la société comme une multitude d’épreuves et de petites victoires à aller chercher. Je me suis dit que j’avais le droit à l’erreur et j’ai avancé. Dans ce contexte, je crois qu’il faut faire preuve de beaucoup résilience et de bienveillance envers soi-même. Lorsque je suis arrivée chez Autodistribution Fichou, nos concurrents voyaient déjà l’entreprise sombrer. Grâce à la mobilisation de mes équipes et à leur confiance, nous leur avons donné tort. Cela fait aujourd’hui six ans et demi que j’ai repris l’entreprise. »

Parle-nous d’Autodistribution Fichou ?

« Nous sommes vendeurs de pièces automobiles et d’équipements de garage à destination des particuliers et des professionnels (garagistes). Nous proposons également un service après-vente et disposons d’ateliers spécialisés en voiture légère et d’un atelier poids lourds sur Brest. Autodistribution Fichou se positionne également sur un petit marché de niche en fournissant des pièces destinées à l’industrie marine. Notre société réunit 140 collaborateurs, répartis sur nos cinq sites dans le Finistère (Brest, Morlaix, Quimper, Carhaix et Saint-Thudon). Nous travaillons actuellement sur un énorme projet poids lourds du côté de Saint-Thudon, où nous allons construire cinq fosses hyper high tech, permettant à nos équipes de travailler dans des conditions optimales. »

Quel regard portes-tu sur ton métier et ton entreprise ?

« La première année, je suis restée en observation. J’avais tout à apprendre du métier et de cet univers, que je découvrais. Le fait de faire partie du Conseil d’Administration d’Autodistribution France m’a considérablement aidée à prendre du recul et comprendre l’organisation globale de la société. Je ne partage pas exactement la même vision que celle de mon mari. Chaque jour, je m’efforce d’imaginer la société en mieux, avec des collaborateurs toujours plus épanouis. Comment prendre plus de plaisir en travaillant mieux ? Comment accompagner le changement ? Toutes ces questions me passionnent. Je me suis énormément instruite sur la notion de développement personnel et les techniques de management, notamment la PNL (Programmation Neuro-Linguistique). J’ai commencé à faire bouger les lignes au bout de deux années passées au sein de la société. Ma méthode est plutôt simple à résumer : j’essaye d’apporter de l’efficience et de la productivité avec beaucoup de bienveillance. Ce qui n’empêche pas d’être aussi ferme et exigeante quand cela est nécessaire ! Depuis quelques années, nous travaillons sur la mise en place d’indicateurs de mesure de la performance afin que tous les collaborateurs puissent suivre notre activité et s’impliquer dans le développement de la société. Nous avons également intégré de nouveaux outils de travail, en tâchant d’utiliser les nouvelles technologies et l’informatique à bon escient. Donner du sens à ce que l’on fait et offrir de bonnes conditions de travail à mes équipes fait partie de mes priorités. Par exemple, quand j’ai racheté le bâtiment de Brest, j’ai fait refaire toute la toiture et installer des puits de lumière. Nous avons également rénové le bâtiment de Morlaix et fait l’acquisition d’un nouveau bâtiment sur Quimper. Nous n’arrêtons pas d’investir. Bien que nous soyons positionnés sur une vieille activité (depuis 1926) et un marché un peu atone, il existe une multitude de moyens pour booster la vie économique et sociale de l’entreprise, en améliorant nos services, le call center, l’informatique…  Attention, je ne dis pas que c’est facile tous les jours ! »

Comment s’est déroulée ta première rencontre avec la West Team ?

« Cette rencontre s’est faite de manière très évidente pour moi. Je côtoie le milieu de la voile depuis des années, ma fille était en sport étude, mes deux garçons pratiquent également la voile sportive. Donc la West Team je connaissais ! »

Qu’est ce qui t’a poussée à rejoindre le Lab, notre réseau d’affaires brestois ?

« Ce que j’aime avant tout, c’est de donner leur chance à des jeunes sportifs. Pour moi ça n’a pas de prix et c’est dans ce sens que j’ai souhaité m’impliquer au sein du Lab. La voile est une discipline qui n’est pas encore accessible à tous et notre région regorge de jeunes hyper talentueux qui n’auront peut-être pas les moyens de trouver des sponsors. Et pourtant ils sont doués ces gamins ! Tous les parents ne peuvent pas forcément apporter le financement nécessaire à leurs enfants pour leur permettre de participer à des championnats ou de s’acheter les derniers équipements. La West Team leur offre ce droit et je trouve cela super. Au sein du Lab, nous sommes tous des entrepreneurs qui adorons la voile et qui avançons avec cette même volonté de donner leur chance à de jeunes coureurs. La passion est le fil rouge qui nous lie tous au cœur de ce réseau, et cela mène à de belles rencontres. »

Au sein de la West Team, y a t-il un projet qui te tienne plus à cœur que les autres ? 

« Oui. Je voudrais parler de notre équipe de jeunes régatiers de la West Team Contest, qui a super gazé sur le Tour Voile 2019. Ils ont réalisé un super parcours, ça n’a pas été facile mais ils se sont accrochés, ils n’ont rien lâché et ont réalisé des supers performances sur la fin. J’ai été très émue de les suivre. C’est une très très belle équipe.

Et puis j’aimerais également ajouter que la West Team, à travers le lien très étroit qu’elle entretient avec la mer, me sert également de fil rouge pour la communication en interne au sein de mon entreprise. J’ai notamment réalisé l’un de mes séminaires en étroite collaboration avec la West Team et BBN (Brest Bretagne Nautisme). J’ai invité mes cadres à aller sur l’eau à bord du Diam 24 ou de plus petits bateaux mis à disposition par BBN. Cette sortie était encadrée par Félix Pruvot, le Directeur sportif de la West Team Contest. Je me suis servi des notions propres à la navigation pour expliquer certaines choses à mes collaborateurs, qui pour beaucoup ne connaissaient pas bien la voile. J’ai notamment pu faire un parallèle avec la vie de l’entreprise et les choix stratégiques que nous sommes amenés à faire à un moment ou un autre. Quand il y a beaucoup de vent et que la météo n’est pas favorable, il faut accepter de ne pas savoir quoi faire et attendre que la météo soit plus clémente avant de prendre une décision. La voile est un excellent média pour la formation et la communication. »

« J’aimerais retrouver avec la West Team l’ambiance que j’ai pu connaitre en Angleterre, où tout le monde se retrouve au Yacht Club en fin de semaine pour partager un moment convivial sur l’eau. Il nous faut plus d’événements festifs autour de la mer et de la voile ! »

Gwen Fichou

La West Team en trois mots ?

« Business, voile, transmission »

Le Lab en trois mots ?

« C’est de la triche mais… Idem ! »

Comment imagines-tu la West Team de demain ?

 « En tant que membres du Lab, nous sommes acteurs financiers au sein du projet de la West Team. C’est très bien. Mais aujourd’hui, j’ai besoin d’être également actrice sur l’eau ! Nous disposons d’un superbe plan d’eau que nous n’exploitons pas à sa juste valeur. J’aimerais retrouver avec la West Team l’ambiance que j’ai pu connaitre en Angleterre, où tout le monde se retrouve au Yacht Club en fin de semaine pour partager un moment convivial sur l’eau. Il nous faut plus d’événements festifs autour de la mer et de la voile, et la West Team a un vrai rôle à jouer dans ce projet ! L’idée serait d’organiser des rendez-vous récurrents tous les vendredi soirs, où les passionnés pourraient partager une régate ou deux et ensuite se retrouver à terre autour d’un pot. C’est ça la vraie vie ! »

Retrouvez-les en ligne :

Autodistribution Fichou, vente de pièces automobiles et d’équipements de garage en Bretagne

CRÉDITS PHOTOS

Header : © Maxime Poriel – Photo portrait Gwen Fichou : © Droits réservés – © Freepik

Interview : Le Reprographe, impression numérique à Brest Guipavas

Interview : Le Reprographe, impression numérique à Brest Guipavas

Interview d'entreprises membres du Lab de la West Team Brest Finistère

Jeudi 18 juin 2020

– Marc Le Gall –

Le Reprographe

Imprimerie à Guipavas (Brest, Bretagne, Finistère)

Le reprographe - Imprimerie du Finistère

Marc Le Gall a créé la société Le Reprographe, spécialisée dans l’impression numérique, le 1er avril 1995 à Guipavas.

Marc le Gall est à la tête du Reprographe, entreprise spécialisée dans l’impression numérique depuis plus de vingt-cinq ans. Curieusement, c’est en tant que shipchandler qu’il démarre sa carrière, avant d’occuper le poste d’assistant de communication au sein d’une agence brestoise. Il plonge ensuite dans l’univers de la presse écrite et devient directeur de publication d’un hebdomadaire rennais gratuit spécialisé dans l’immobilier. A la fin des années 80’, le Télégramme lui offre un poste similaire en lui confiant la ligne éditoriale de son hebdo gratuit.

En 1995, Marc se lance un nouveau défi en créant sa propre société d’impression à Guipavas. Une passion qu’il n’a plus quittée depuis. Rencontre avec l’un des membres historiques du Lab.

« Le Lab permet aux entreprises de se rencontrer et de se connaître indirectement, par l’intermédiaire de projets désintéressés et foncièrement bienveillants tournés vers la mer. J’aime beaucoup le fait que la West Team affirme son ambition avec autant de sobriété »

Marc Le Gall

Parle-nous du Reprographe ?

« J’ai créé Le Reprographe le 1er avril 1995, et ce n’est pas une blague ! (rires). Nous étions alors aux prémices de l’impression numérique. Lors du lancement de mon activité, j’ai pu compter sur mon réseau professionnel pour réaliser mes premières commandes, notamment auprès du Télégramme et des précédentes agences de communication pour lesquelles j’avais travaillé. Leur aide nous a été très précieuse pour démarrer et faire connaître Le Reprographe au sein de la région brestoise, puis à l’échelle de la Bretagne. Et puis, il y a une vingtaine d’années, l’imprimerie numérique a débarqué et s’est très rapidement imposée comme l’imprimerie de demain. Notre profession a connu des transformations énormes, les nouvelles techniques d’impression réduisant considérablement les délais de réalisation. Auparavant il fallait passer par un photograveur pour l’impression offset. Cela représentait des phases de création beaucoup plus longues, complexes et coûteuses… Le métier a ensuite évolué très vite. Nous n’avions même pas le temps d’amortir certaines machines qu’elles étaient déjà obsolètes ! Nous étions constamment en train d’investir dans de nouveaux outils de production. Je me rappellerai toujours du premier traceur que nous avions acheté ; deux ans et demi plus tard, il croupissait déjà au fond de la cave !

Le Reprographe est aujourd’hui spécialisé dans l’impression numérique, sur une multitude de supports (papier, tissu, bâche…). Nos équipements nous permettent de faire du très petit format (carte de visite) comme du très grand, à l’échelle d’une façade d’immeuble par exemple ! Nous avons ainsi réalisé l’impression de la peinture de Paul Bloas sur le bâtiment Grand Large, la flottille d’avions visible sur les vitres de l’aéroport de Brest, les très grandes photos signées par Ewan Lebourdais visibles devant l’Arsenal (pour le compte de Naval Group), le scanner du service Pédiatrie de l’Hôpital Morvan et la signalétique / déco des différents hôpitaux brestois. Des projets réellement passionnants, que je mène avec mon équipe de huit salariés à Brest, en Bretagne, mais également à l’échelle nationale (Musée National de la Marine, Cité des Sciences à Paris, Festival de la BD d’Angoulême…). »

Un mot sur l’actualité de ton entreprise ?

« Nous sommes aujourd’hui équipés de machines nous permettant d’obtenir une qualité d’impression répondant à un niveau d’exigence très pointu. Ainsi, nous travaillons beaucoup pour les musées et pour des expositions partout en France. J’ai en tête un exemple très parlant. Alors que nous devions reproduire une page de l’un des carnets de Picasso, le responsable de l’exposition s’est bien trouvé incapable de reconnaître le document original de la copie ! La ressemblance était bluffante !

Malheureusement la crise sanitaire du Covid-19 est passée par là… Alors que notre carnet de commandes comptait entre autres une dizaine d’expositions à honorer fin mars 2020, tout s’est vu annulé ou reporté à l’année prochaine. Cela représente une perte de chiffre d’affaires conséquente pour l’année en cours… Comme beaucoup d’autres, notre entreprise n’a pas été épargnée par la crise.

Malgré tout, nous restons concentrés sur le positif car de jolis projets nous attendent. Depuis sa création, nous collaborons avec le Fonds Hélène & Édouard Leclerc pour la Culture (à Landerneau). Tous les six mois, de nouvelles expositions sont organisées, mettant en avant des artistes parmi lesquels des pointures à l’image de Miro, Chagall ou bien Picasso. La prochaine exposition sera consacrée à l’œuvre d’Enki Bilal, l’un des ténors français de la BD. Une expo très ancrée dans l’air du temps à mon sens, cet artiste ayant déjà réalisé des bandes dessinées sur les virus. Le Reprographe prend en charge toute la signalétique extérieure, intérieure et la déco qui intègre la mise en scène autour de cette expo, qui sera ouverte mi-juillet. Ces collaborations artistiques sont vraiment très enrichissantes. »

Comment s’est déroulée ta première rencontre avec la West Team ?

« Avant d’entendre parler de la West Team, je connaissais bien Léo Maurin (régatier en Diam 24 au sein de la West Team Contest), qui est un ami proche de mon fils. Le Reprographe était modestement engagé à ses côtés, en l’accompagnant du mieux possible dans son projet sportif. Et puis j’ai fait la rencontre d’Ewan (Lebourdais), qui était venu nous rendre visite à Guipavas pour réaliser quelques tirages photos. Une chose en entraînant une autre, il m’a présenté la West Team et j’ai été rapidement séduit par le projet. »

« Je rêve de voir plusieurs jeunes accompagnés par le Lab revenir un jour à Brest avec une médaille olympique autour du cou !  Beaucoup d’entre-eux ont, à mon avis, la capacité d’atteindre un tel niveau ! »

Marc Le Gall

Qu’est-ce qui t’a poussé à rejoindre le Lab, le club d’entreprises de la West Team ? 

« C’est vraiment notre relation avec Léo (Maurin) qui a été le point de départ. J’avais depuis longtemps la volonté de l’accompagner dans ses projets sportifs à travers mon entreprise. Jusque-là on tâtonnait, en aidant Léo comme on le pouvait. Malgré toute notre bonne volonté, nous avions le sentiment de l’aider assez maladroitement. Et puis la West Team a lancé le Lab en 2017. A travers cette structure multi-entreprises locale, je peux désormais mener à bien cette ambition et m’impliquer auprès de Léo et de bien d’autres jeunes, de manière professionnelle ! A travers son réseau d’affaires, la West Team nous assure que notre financement sera employé de manière optimale, en toute transparence. Je suis très heureux de pouvoir rencontrer tous ces jeunes et de suivre leur progression depuis bientôt trois ans. »

Quelles valeurs retrouves-tu au sein du West Team Lab ?

« Le Lab est une organisation qui s’engage pour faire bouger les lignes sur Brest, à travers la pratique des sports nautiques. C’est tout d’abord cette dynamique qui m’a séduit et j’ai adoré l’idée d’adhérer à ce mouvement qui encourage la relève de la voile sportive. Nous avons un super vivier de graines de talents à Brest et je crois que nous avons vraiment tous cette même volonté de donner la parole à nos jeunes espoirs. Je pense que les hommes et les femmes de ma génération sont aujourd’hui vraiment désireux de voir revenir la voile de compétition ici, sur Brest. Nous avons vu la voile sportive et la course au large s’envoler vers d’autres villes comme Lorient ou Port-la-Forêt… A travers le Pôle France, Brest Bretagne Nautisme (BBN) et la West Team, nous sommes sur la bonne voie ; on sent une dynamique nouvelle autour de la rade !

J’ai ensuite été frappé par l’humilité des membres de ce réseau d’affaires. Je crois quelque part que c’est cette proximité avec la mer qui nous impose de rester modestes. Tout le monde est très discret dans sa démarche et j’observe beaucoup d’empathie dans nos relations au sein du club… J’aime beaucoup le fait que la West Team affirme son ambition avec autant de sobriété. Nous ne sommes pas là pour faire du « tape à l’œil ». Le Lab permet aux entreprises de se rencontrer et de se connaître indirectement, par l’intermédiaire de projets désintéressés et foncièrement bienveillants tournés vers la mer. Lors des réunions, il est rare que nous parlions de nos jobs respectifs ; il faut dire que nous sommes tellement heureux de nous retrouver et de parler bateau ! L’ambiance est vraiment conviviale. Moi qui suis d’un naturel timide, je me sens vraiment super à l’aise lors des événements du Lab. Je suis dans mon élément ! »

La West Team en trois mots ?

« Dynamique, ambitieuse, précurseur. »

Le Lab en trois mots ?

« Solidarité, convivialité, proximité. »

Comment imagines-tu la West Team de demain ?

« Je souhaite que la West Team puisse monter en puissance et continuer de grandir, sans jamais perdre son état d’esprit actuel. Notre organisation pourrait alors devenir un partenaire incontournable au sein du paysage brestois, en occupant une place de choix dans la mise en place d’événements et de rencontres nautiques. Je rêve également de voir plusieurs jeunes accompagnés par le Lab revenir un jour à Brest avec une médaille olympique autour du cou !  Nous attendons déjà l’échéance 2021 avec impatience, au cours de laquelle nous suivrons de très près le duo Camille Lecointre / Aloïse Retornaz en 470. Beaucoup de nos jeunes ont, à mon avis, la capacité d’atteindre un tel niveau en prétendant à un titre olympique ! »

Retrouvez-les en ligne :

Le Reprographe, impression numérique à Brest Guipavas

CRÉDITS PHOTOS

Header : © Maxime Poriel – Photo portrait Marc Le Gall : © Ewan Lebourdais – © Freepik

Interview : FMC, fabrication de pièces en composites

Interview : FMC, fabrication de pièces en composites

Interview d'entreprises membres du Lab de la West Team Brest Finistère

Jeudi 11 juin 2020

– Florian Madec –

Florian Madec Composites

Fabrication de pièces en composites à Brest dans le Finistère

Florian Madec Composites

FMC produit des pièces en matériaux composites pour le secteur aéronautique, la défense, l’offshore ou encore le spatial.

Florian Madec a fondé la société FMC (Florian Madec Composites) en 2002. Aujourd’hui à la tête d’une équipe de dix salariés, cet entrepreneur talentueux a commencé par fabriquer ses propres ailerons de planche à voile dès l’âge de 14 ans, avant de placer ses compétences au service de grands noms de la course au large. Son entreprise s’adresse à des secteurs d’activités aussi variés que ceux de l’aéronautique, la défense, l’offshore ou encore le spatial.

Rencontre avec un mordu de technologie et de sports de vitesse, figurant parmi les membres fondateurs du Lab !

« Il ne faut pas oublier que Brest est la ville de référence pour les records autour du monde et nous devons savoir tirer le meilleur de cette situation géographique exceptionnelle »

Florian Madec

Parle-nous de FMC ?

« J’ai créé l’entreprise FMC (Florian Madec Composites) en 2002, à l’âge de 23 ans. J’ai démarré tout seul, en me spécialisant d’abord dans la production de pièces en matériaux composites. Le milieu de la voile sportive m’a permis de mettre le pied à l’étrier, en fabricant des foils pour Jean Le Cam, Alain Gautier, Thomas Coville ou encore pour l’America’s Cup en 2013. Au fil des années, mon activité s’est étoffée, si bien que je dirige aujourd’hui une équipe de dix salariés au sein de nos locaux brestois. En 2015, l’activité de la société s’est définitivement détournée du monde du nautisme pour se consacrer à la production de composants à destination de grands groupes évoluant dans les secteurs de l’aéronautique, la défense, l’offshore ou encore le spatial, en France et à l’international. Les champs d’application des pièces que nous fabriquons sont infinis ! Pour vous donner une petite idée, nos composants peuvent être exploités à 6 000 mètres de profondeur sous la surface des océans, tout comme être utilisés par l’industrie spatiale ! Comme vous pouvez l’imaginer, les challenges techniques sont nombreux ! Au-delà de notre activité de production, nous avons développé un service R&D (recherche et développement), permettant de mettre au point des solutions techniques innovantes, afin de répondre à des cahiers des charges très spécifiques. Nos clients ont des attentes élevées aussi bien en termes de contrôle qualité que de performance. »

Un mot sur l’actualité de ton entreprise ?

« Depuis 2010, nous nous sommes détachés des méthodes de fabrication artisanales pour nous rapprocher du monde de l’industrie, en investissant dans des outils numériques (logiciels et machines). A titre d’exemple, nous avons récemment fait l’acquisition d’une machine de dépose automatisée de fils de carbone pré-imprégnés 6 axes, dans le but de fabriquer, entre autres, des pièces résistant en immersion à de fortes pressions hydrostatiques (plus de 600 bars…).  Ces structures étanches peuvent abriter de l’électronique, des capteurs ou servir de coque aux AUV et ROV (robots sous-marins autonomes) dans le cadre d’applications pour l’océanographie, l’Oil and Gas ou la défense.

Par ailleurs, nous répondons aujourd’hui à la norme ISO 9001, gage d’un système de management de la qualité efficace et responsable. Chaque pièce sortant de notre atelier de production est scrupuleusement suivie, contrôlée et analysée. Par exemple nous disposons d’un scanner 3D permettant de mesurer la géométrie de pièce en forme au centième de millimètre. Pour résumer, en conformité avec une spécification client stricte, FMC est capable de concevoir, mettre au point le process de fabrication et produire des pièces ou des ensembles en matériaux composites. Une chaîne de production complète, grâce à laquelle nous affirmons notre positionnement dans l’industrie de pointe ! »

Comment s’est déroulée ta première rencontre avec la West Team ?

« La Base de Vitesse a été mon premier lien avec la West Team. Il faut dire que les engins de vitesse me passionnent, notamment d’un point de vue technique, car je fabrique moi-même mon foil pour participer à la Base de Vitesse. Côté sportif, avec le peu de temps dont je dispose, j’essaie de tirer mon épingle du jeu mais je dois bien avouer que le niveau s’élève chaque année ! Et puis avec tous les jeunes du Pôle France qui vont migrer vers la navigation à foil, ça va encore se corser ! Moi qui ai repris la planche il y a seulement trois ans, j’ai intérêt à m’accrocher ! Pour le moment, mon run à 30.98 nœuds sur 500 mètres me permet de me hisser à la deuxième place en catégorie Windfoil, devancé par un autre membre du Lab, le recordman Damien Le Guen (EXOCET). Mais attention je n’ai pas dit mon dernier mot ! (rires) Ça me rappelle mon enfance. Lors de mes études, après mon BTS de mécanique et automatisme, j’ai effectué une troisième année de formation à l’IUT de Brest afin de me spécialiser dans les composites. Nous étions encadrés par un enseignant (Bernard Stervinou) réellement passionnant et talentueux, auprès duquel j’ai énormément appris techniquement et humainement. Ce dernier était notamment réputé pour avoir fabriqué des avions et des engins volants ayant participé à la Base de Vitesse dans les années 80’ et 90’. Ce fût une révélation ! Tout cela pour dire que c’est cette grande affinité avec la Base de Vitesse qui a initié ma rencontre avec la West Team (en charge de l’animation de la Base de Vitesse en 2015 -ndlr). En tant que rider de la rade de Brest, je me suis naturellement rapproché d’Ewan (Lebourdais) et c’est à ce moment qu’il m’a parlé de son projet et de son ambition de créer un club d’affaires 100% brestois, le Lab. »

« Imaginez le buzz que pourrait susciter la participation de skippers de la trempe d’un Franck Cammas ou d’un Thomas Coville à la Base de Vitesse ! Tous les autres teams du monde de la course au large (IMOCA, Figaro, Multi 50…) vont indéniablement se prendre au jeu et se challenger. Le potentiel de vitesse de chaque bateau serait directement appréhendable du grand public ! »

Florian Madec

Qu’est ce qui t’a poussé à rejoindre le Lab ?

« C’est sans équivoque ma passion pour la mer, la voile et les sports nautiques qui a été le premier déclencheur. Ensuite, j’étais très curieux de découvrir le fonctionnement d’un réseau d’affaires de l’intérieur. L’idée de rejoindre un groupe dynamique composé d’autres chefs d’entreprise locaux m’attirait. Le Lab nous offre l’opportunité de nous rencontrer et de procéder naturellement à un échange de connaissances et de bonnes pratiques, propres à nos domaines respectifs. Et puis la démarche bienveillante envers les jeunes régatiers de notre territoire m’a séduit. Je suis très heureux et touché de pouvoir apporter mon expérience et des moyens financiers pour accompagner la jeune génération dans la poursuite de projets sportifs ambitieux. Enfin, il ne faut pas oublier que Brest est la ville de référence pour les records autour du monde et nous devons savoir tirer le meilleur de cette situation géographique exceptionnelle. »

Si tu devais décrire la West Team en 3 mots ?

« Promotion, transmission, engagement. »

Et le Lab ?

« Compétences, convivialité, développement. »

Comment imagines-tu la West Team de demain ?

« J’ai une vision pour la Base de Vitesse : et si nous réussissions un jour le pari de fédérer autour des challenges de vitesse des classes de bateaux aussi prestigieuses que celle des Ultims ? Je parle bien de ces géants des mers, capables d’effectuer des runs à plus de 45 nœuds, sans problème ! D’un point de vue technique, l’enregistrement des traces serait facilité par le stockage embarqué de toutes les datas de navigation. Imaginez le buzz que pourrait susciter la participation de skippers de la trempe d’un Franck Cammas ou d’un Thomas Coville à la Base de Vitesse ! Tous les autres teams du monde de la course au large (IMOCA, Figaro, Multi 50…) vont se prendre au jeu et se challenger. Les performances intrinsèques de chaque bateau seraient directement exploitables du grand public ! »

Retrouvez-les en ligne :

FMC, fabrication de pièces en matériaux composites en Bretagne

CRÉDITS PHOTOS

Header : © Maxime Poriel – Photo portrait Florian Madec : © Droits réservés – © Freepik