Interview d'entreprises membres du Lab de la West Team Brest Finistère

Jeudi 11 juin 2020

– Florian Madec –

Florian Madec Composites

Fabrication de pièces en composites à Brest dans le Finistère

Florian Madec Composites

FMC produit des pièces en matériaux composites pour le secteur aéronautique, la défense, l’offshore ou encore le spatial.

Florian Madec a fondé la société FMC (Florian Madec Composites) en 2002. Aujourd’hui à la tête d’une équipe de dix salariés, cet entrepreneur talentueux a commencé par fabriquer ses propres ailerons de planche à voile dès l’âge de 14 ans, avant de placer ses compétences au service de grands noms de la course au large. Son entreprise s’adresse à des secteurs d’activités aussi variés que ceux de l’aéronautique, la défense, l’offshore ou encore le spatial.

Rencontre avec un mordu de technologie et de sports de vitesse, figurant parmi les membres fondateurs du Lab !

« Il ne faut pas oublier que Brest est la ville de référence pour les records autour du monde et nous devons savoir tirer le meilleur de cette situation géographique exceptionnelle »

Florian Madec

Parle-nous de FMC ?

« J’ai créé l’entreprise FMC (Florian Madec Composites) en 2002, à l’âge de 23 ans. J’ai démarré tout seul, en me spécialisant d’abord dans la production de pièces en matériaux composites. Le milieu de la voile sportive m’a permis de mettre le pied à l’étrier, en fabricant des foils pour Jean Le Cam, Alain Gautier, Thomas Coville ou encore pour l’America’s Cup en 2013. Au fil des années, mon activité s’est étoffée, si bien que je dirige aujourd’hui une équipe de dix salariés au sein de nos locaux brestois. En 2015, l’activité de la société s’est définitivement détournée du monde du nautisme pour se consacrer à la production de composants à destination de grands groupes évoluant dans les secteurs de l’aéronautique, la défense, l’offshore ou encore le spatial, en France et à l’international. Les champs d’application des pièces que nous fabriquons sont infinis ! Pour vous donner une petite idée, nos composants peuvent être exploités à 6 000 mètres de profondeur sous la surface des océans, tout comme être utilisés par l’industrie spatiale ! Comme vous pouvez l’imaginer, les challenges techniques sont nombreux ! Au-delà de notre activité de production, nous avons développé un service R&D (recherche et développement), permettant de mettre au point des solutions techniques innovantes, afin de répondre à des cahiers des charges très spécifiques. Nos clients ont des attentes élevées aussi bien en termes de contrôle qualité que de performance. »

Un mot sur l’actualité de ton entreprise ?

« Depuis 2010, nous nous sommes détachés des méthodes de fabrication artisanales pour nous rapprocher du monde de l’industrie, en investissant dans des outils numériques (logiciels et machines). A titre d’exemple, nous avons récemment fait l’acquisition d’une machine de dépose automatisée de fils de carbone pré-imprégnés 6 axes, dans le but de fabriquer, entre autres, des pièces résistant en immersion à de fortes pressions hydrostatiques (plus de 600 bars…).  Ces structures étanches peuvent abriter de l’électronique, des capteurs ou servir de coque aux AUV et ROV (robots sous-marins autonomes) dans le cadre d’applications pour l’océanographie, l’Oil and Gas ou la défense.

Par ailleurs, nous répondons aujourd’hui à la norme ISO 9001, gage d’un système de management de la qualité efficace et responsable. Chaque pièce sortant de notre atelier de production est scrupuleusement suivie, contrôlée et analysée. Par exemple nous disposons d’un scanner 3D permettant de mesurer la géométrie de pièce en forme au centième de millimètre. Pour résumer, en conformité avec une spécification client stricte, FMC est capable de concevoir, mettre au point le process de fabrication et produire des pièces ou des ensembles en matériaux composites. Une chaîne de production complète, grâce à laquelle nous affirmons notre positionnement dans l’industrie de pointe ! »

Comment s’est déroulée ta première rencontre avec la West Team ?

« La Base de Vitesse a été mon premier lien avec la West Team. Il faut dire que les engins de vitesse me passionnent, notamment d’un point de vue technique, car je fabrique moi-même mon foil pour participer à la Base de Vitesse. Côté sportif, avec le peu de temps dont je dispose, j’essaie de tirer mon épingle du jeu mais je dois bien avouer que le niveau s’élève chaque année ! Et puis avec tous les jeunes du Pôle France qui vont migrer vers la navigation à foil, ça va encore se corser ! Moi qui ai repris la planche il y a seulement trois ans, j’ai intérêt à m’accrocher ! Pour le moment, mon run à 30.98 nœuds sur 500 mètres me permet de me hisser à la deuxième place en catégorie Windfoil, devancé par un autre membre du Lab, le recordman Damien Le Guen (EXOCET). Mais attention je n’ai pas dit mon dernier mot ! (rires) Ça me rappelle mon enfance. Lors de mes études, après mon BTS de mécanique et automatisme, j’ai effectué une troisième année de formation à l’IUT de Brest afin de me spécialiser dans les composites. Nous étions encadrés par un enseignant (Bernard Stervinou) réellement passionnant et talentueux, auprès duquel j’ai énormément appris techniquement et humainement. Ce dernier était notamment réputé pour avoir fabriqué des avions et des engins volants ayant participé à la Base de Vitesse dans les années 80’ et 90’. Ce fût une révélation ! Tout cela pour dire que c’est cette grande affinité avec la Base de Vitesse qui a initié ma rencontre avec la West Team (en charge de l’animation de la Base de Vitesse en 2015 -ndlr). En tant que rider de la rade de Brest, je me suis naturellement rapproché d’Ewan (Lebourdais) et c’est à ce moment qu’il m’a parlé de son projet et de son ambition de créer un club d’affaires 100% brestois, le Lab. »

« Imaginez le buzz que pourrait susciter la participation de skippers de la trempe d’un Franck Cammas ou d’un Thomas Coville à la Base de Vitesse ! Tous les autres teams du monde de la course au large (IMOCA, Figaro, Multi 50…) vont indéniablement se prendre au jeu et se challenger. Le potentiel de vitesse de chaque bateau serait directement appréhendable du grand public ! »

Florian Madec

Qu’est ce qui t’a poussé à rejoindre le Lab ?

« C’est sans équivoque ma passion pour la mer, la voile et les sports nautiques qui a été le premier déclencheur. Ensuite, j’étais très curieux de découvrir le fonctionnement d’un réseau d’affaires de l’intérieur. L’idée de rejoindre un groupe dynamique composé d’autres chefs d’entreprise locaux m’attirait. Le Lab nous offre l’opportunité de nous rencontrer et de procéder naturellement à un échange de connaissances et de bonnes pratiques, propres à nos domaines respectifs. Et puis la démarche bienveillante envers les jeunes régatiers de notre territoire m’a séduit. Je suis très heureux et touché de pouvoir apporter mon expérience et des moyens financiers pour accompagner la jeune génération dans la poursuite de projets sportifs ambitieux. Enfin, il ne faut pas oublier que Brest est la ville de référence pour les records autour du monde et nous devons savoir tirer le meilleur de cette situation géographique exceptionnelle. »

Si tu devais décrire la West Team en 3 mots ?

« Promotion, transmission, engagement. »

Et le Lab ?

« Compétences, convivialité, développement. »

Comment imagines-tu la West Team de demain ?

« J’ai une vision pour la Base de Vitesse : et si nous réussissions un jour le pari de fédérer autour des challenges de vitesse des classes de bateaux aussi prestigieuses que celle des Ultims ? Je parle bien de ces géants des mers, capables d’effectuer des runs à plus de 45 nœuds, sans problème ! D’un point de vue technique, l’enregistrement des traces serait facilité par le stockage embarqué de toutes les datas de navigation. Imaginez le buzz que pourrait susciter la participation de skippers de la trempe d’un Franck Cammas ou d’un Thomas Coville à la Base de Vitesse ! Tous les autres teams du monde de la course au large (IMOCA, Figaro, Multi 50…) vont se prendre au jeu et se challenger. Les performances intrinsèques de chaque bateau seraient directement exploitables du grand public ! »

Retrouvez-les en ligne :

FMC, fabrication de pièces en matériaux composites en Bretagne

CRÉDITS PHOTOS

Header : © Maxime Poriel – Photo portrait Florian Madec : © Droits réservés – © Freepik